On ne parlera pas ici de ski nordique, car la conception et la réalisation de ce type d'équipement est bien spécifique.
Vous retrouverez des informations sur cette pratique sur ce site Découvrir le ski de fond.
2 - La taille et le patin du ski
Pour cela, il est nécessaire d'appronfondir les caractéristiques des skis que nous souhaiterons obtenir à la fin du process.
Les questions simples à se poser avant de démarrer sont :
Quel est mon niveau ?
Maniabilité ou Vitesse ?
Petits ou Grands virages ?
Poudreuse, Neige dure ou Tout type ?
"J'espère Michel que ça ne ressemblera pas à ça..."
Les notions pour répondre à ces questions sont définis et exprimés dans la suite :
Il faut savoir dans un premier temps que plus les skis sont courts, plus ils sont maniables et c’est ce que l’on choisira pour faire du freestyle par exemple.
Plus ils sont longs, plus ils sont stables. Un skieur qui cherche de la maniabilité n’optera pas pour des skis plus grands que lui, alors qu’un freerider confirmé oui.
Source : Vieux Campeur
Il n'y a pas que la taille qui compte bien-sûr !
Les autres caractéristiques des skis sont à connaître pour mieux les définir et affiner le programme du ski :
Source : Vieux Campeur
Source : Snowsurf.com
Les carres :
Arrêtes métalliques sur le côté des skis qui permettent d’accrocher la neige dans les virages.
La semelle :
Partie située sous le ski en contact direct avec la neige.
Le cambre :
Ce sont les points de contacts du ski posé sur la neige qui déterminent son cambre. Sur un ski traditionnel, les points de contacts entre le ski et la neige sont la spatule et le talon uniquement ; on dit que le ski est cambré car tout le reste de la semelle ne touche pas le sol.
Le rocker talon/spatule :
Vient du fait que le talon et/ou spatule du ski se décolle du sol de manière plus ou moins importante.
Le patin :
Partie située sous la fixation du skieur et qui définira principalement la pratique (de 60 à 120mm).
Le rayon de courbure :
À la différence des skis anciens, les skis modernes disposent d’une courbure sur toute leur longueur qui leur donne différentes cotes entre la spatule, le patin et le talon.
Le rayon d’un ski permet de pouvoir tourner avec plus ou moins de difficulté. Plus le rayon est petit, plus il tournera vite car la courbure prononcée du ski rendra plus facile les virages courts. Par contre, avec un rayon plus grand il aura plus de mal à tourner (de 12 m pour un ski de slalom spécial à 30 m pour un fat freeride).
La notion de patin est importante comme nous allons le voir. Elle définit les possibilités du ski et du skieur selon les milieux rencontrés.
Par exemple, un patin étroit <80mm sera employé majoritairement sur de la piste ou pour du ski-alpinisme. Inversement, un patin large >100mm sera meilleur voire nécessaire en neige profonde.
Evidemment il y aura une lien direct entre la taille du patin du ski et son poids ! Cette notion aura beaucoup plus d'importance dans le cas d'un ski de randonnée que pour un ski de piste.
Pour se donner une idée, voici un récapitulatif de la corrélation patin-style de ski :
Type
Largeur Patin (en mm)
Piste/Racing
De 62 à 78
All Mountain
De 80 à 90
Ski de randonnée
De 80 à 95
Ski-Alpinisme
De 65 à 78
Freeride
100 et +
Pour approfondir les différents types de neige, suivre le lien suivant de Montage Magazine
3 - Le shape du ski
Une fois la taille, le patin et le programme du ski définis, nous pouvons passer à l'étape du shape. Nous allons maintenant dessiner les lignes de côtes complètes pour nos prochains skis.
Il faut télécharger le logiciel snoCAD-X qui date de 2012 et qui est libre de droit. Cet outil a été édité à la base par Dan GRAF, on le remercie !
Ce logiciel a besoin de JAVA pour fonctionner, il faudra aussi télécharger cette application si elle n'est pas installée sur votre système.
La documentation pour prendre en main le logiciel est aussi téléchargeable (uniquement en anglais): snoCAD-X_UserGuide
Il existe aussi une vidéo explicative (en anglais encore une fois), sur la réalisation de skis avec ce logiciel :
L'utilisation de ce logiciel permettra de passer de la partie dessin théorique du ski à la réalisation d'un gabarit de découpe selon les côtes choisies pour la définition des skis.
Pour ceux qui aimerait connaître la manière de calculer le rayon de courbure, vous trouverez les explications sur le site de Skitrace.com. Ou sinon via ce rapide tableau à remplir avec les dimensions que vous aurez sélectionnées: l'outil calcule le rayon du cercle passant par les 3 points "Talon", "Patin" et "Spatule".
Et si vous souhaitez aller encore plus loin et prévoir le flex et le poids du ski, vous pouvez utiliser le simulateur sur le site de Junksupply.com.
Maintenant qu'on a défini le type de de ski que l'on souhaite réaliser et que l'on s'est essayé à designer notre prochaine paire, il est intéressant de connaître les principales difficultés qu'on va pouvoir rencontrer.
Pour cela, nos amis de Skieur Magazine ont interviewé Stéphane Radiguet (ex-ZAG) et Daniel Bruyant (Coreupt/Axunn), ils nous déballent leurs connaissances en matière de fabrication de skis.
Espérons que cette vidéo ne vous a pas démoralisé, en revanche elle est importante car elle fixe certaines problématiques qui seront forcément rencontrées et qui auront une influence sur le plaisir de la glisse !
On garde la foi et on va se pencher sur les matériaux du skis et les différentes fournitures qu'il faudra se procurer pour fabriquer nos futures lattes !
Matériaux et composition
Avant de démarrer la fabrication à proprement parlé, nous allons détailler la constitution d'un ski pour connaître les matériaux qu'il faudra se procurer pour la réalisation de sa paire personnalisée.
1 - Le ski, un sandwich pas comme les autres
Source: blog.sports-aventure.fr
Topsheet: élément décoratif du ski en bois, fibre de verre ou plastique
Renforts: en fibre de verre et résine époxy
Noyau: coeur du ski fait de bois majoritairement
Chants: servant à protéger les carres, généralement en plastique type ABS
Carres: baguette en acier, qui permet une meilleure accroche sur la neige
Semelle: partie en contact avec la neige, composée de polyéthylène PE
Renforts: en aluminium (titanal) ou fibres carbone, Kevlar, Baslate
2 - Les matériaux
Le noyau : On commence par le plus important, comme dans le corps humain, le coeur !
C'est lui qui caractérise la légèreté, le dynamisme et le comportement du ski sur la neige.
On s'attachera au fait qu'il est réalisé en bois principalement, via un assemblage de différentes essences ou non donnant des caractéristiques spécifiques dans les différents axes de fontionnement. Source : deneriaz-ski.com
De plus, le concept peut être poussé plus loin avec la réalisation d'un mapping avec les tasseaux de bois. Le but étant d'obtenir une résistance et un comportement beaucoup plus précis selon les parties du ski.
Bien évidemment cela requiert beaucoup plus de connaissances sur les caractéristiques des matériaux employés. Source: husski.ch
Il est tout de même possible d'utiliser une seule essence mais cela limitera les performances. Bien évidemment, les assemblages de bois sont plus coûteux qu'une simple essence. C'est un calcul à faire avant de démarrer le projet.
En revanche, dans tous les cas de figure, il faudra nécessairement inverser les fils de bois de chaque tasseau utilisé. Cela évitera que les 2 skis n'est pas le même comportement d'une part, et cela impactera positivement la solidité du ski d'autre part.
La semelle: Point important dans le choix de la bonne liaison entre la neige et vos skis !
On pourrait croire qu'il suffit d'une bande de polyéthylène et hop le tour est joué. Et bien non !
Là aussi il y a une sélection à faire en fonction du programme que l'on souhaite réaliser en ski.
Plus une semelle est tendre plus elle est facile à farter, plus elle laisse sortir son fart rapidement. Une semelle tendre est excellente pour faire une manche de slalom, elle glissera plus vite qu'une semelle dure, car elle rend beaucoup de fart dans un temps minime. C'est aussi des semelles bas gamme qui permettent au moindre impact sur un caillou de fusiller une paire de ski, d'où un grand intérêt pour les fabricants/financiers.
En revanche, pour les riders, le mieux étant des semelles dures, car elles résistent mieux aux impacts (genre rocher). De plus elles rendent du fart toute la journée, allonge aussi les temps entre 2 fartages. A retenir donc: Plus l'indice est élevé, plus les semelles sont dures. La plupart des marques utilise les références P-tex® 4509 et P-tex® 5920.
Si vous voulez plus d'information sur cette technologie, allez sur CPS-gmbh (producteur de semelle en PE).
Les carres : Element d'accroche du ski
Ici se trouve la différence entre les skis "Alpins" et les skis "Nordiques", les premiers ont des carres et pas les autres. Le comportement du ski et surtout la manière de glisser est donc bien différente car cela permet d'effectuer des virages continus.
Il est important d'entretenir régulièrement les carres en les affutant pour éviter la rouille et optimiser l’accroche sur neiges dures. Les skis sont généralement affûtés de 86 degrés (angles de course) à 90 degrés (angle grand public).
Lors de l'affûtage, 2 angles sont identifiés : l'angle de tombé (entre 0 et 1°) et l'angle latéral (entre 85 et 90°).
Source: Racewax.com
Lors de la fabrication des skis, la mise en place de cet élément n'est pas forcément des plus aisées au niveau des spatules. Pour ce faire, 2 choix : soit les carres s'arrêtent 10-15cm avant la spatule. Soit il faut fabriquer un outillage pour venir préformer le carre à la forme de la spatule.
Pour plus d'information sur l'affûtage et les angles de carre, visitez le site Racewax (en anglais).
Les renforts: création du sandwich
Ils sont à définir en fonction du programme du ski, en effet, un ski de piste aura besoin d'être beaucoup plus renforcé et donc rigide qu'un ski de randonnée.
Ils permettent aussi d'amortir les vibrations en spatule, ce point est non négligeable lors de la prise de vitesse avec ses skis.
Les renforts en alliage d’aluminium peuvent être remplacés par des composites, des fibres de carbone en transversal qui permettent une grande réactivité et une meilleure négociation des virages.
Lors de l'utilisation de fibre, la notion d'axe de tissage est à prendre en compte. On distingue deux grands types de toiles fibrées : avec tissage biaxial ou tissage triaxial. Le triaxial est une fibre de verre tressée dans 3 directions différentes, à 90°et 45°, alors que le biaxial est un tressage de fibres à angle droit.
Les skis n'auront donc pas les mêmes comportements lors des appuis en fonction des fibres utilisées pour recouvrir le noyau bois. Il faut donc trouver la bonne combinaison entre ces deux couches. Triaxial en surface et biaxial en semelle, ou encore biaxial en surface et un second biaxial en semelle. Ces associations de fibres de verre nous permettent de créer un comportement unique sur chacunes de nos paires de ski et de jouer sur le flex, la torsion et l’absorption.
Les Shapers Alpins détaillent leur sandwich pour comprendre l'importance de cet assemblage.
Pour appronfondir sur les renforts en Titanal, la marque Voelkl a fait un gros travail sur ce point-là.
Chez Easy (snowboard), un développement sur la fibre de verre leur a permis de maîtriser le comportement de leur board, à voir via les liens Glass-tech et Fibertech.
Les chants: Faces latérales du ski
Leur rôle est la transmission des appuis mais aussi sa protection. Ils varient dimensionnellement (longueur, épaisseur, géométrie et rigidité) selon le type de ski.
Ils peuvent se définir comme : droits, inclinés, en escalier et être de bi ou tri-densité.
Des champs droits sont synonymes d'accroche et de performance, à l'inverse des chants inclinés offriront un meilleur pivotement et une inertie moindre.
Au final, il n'est pas obligatoire d'utiliser du plastique (ABS) pour réaliser cette partie du ski. L'emploi de bois imputrescible type bambou est possible pour remplir ce rôle car il ne craindra pas l'humidité au contact de la neige.
On peut considérer qu'il exite 3 types de construction :
Chants ABS: Augmente la rigidité en torsion, plus résistant aux chocs mais allourdissant le ski.
Construction cap: La couche de composite et le topsheet recouvre le bord du noyau bois. Ce schéma est plus léger mais moins ridige en torsion ce qui diminue l'adhérence des carres.
Construction semi-cap: hybride des 2 autres constructions où la couche composite descend autour du noyau, et le topsheet vient à mi-chemin pour rejoindre un chant plus petit. Cette conception offre une bonne transmission de la pression sur les bords et est raisonnablement légère et vive.
Source: mechanicsofsport.com
Dernier point, entre les carres et le chant, il est intéressant de mettre en place une bande de cahoutchouc servant de joint de dilatation et favorisant le collage des carres lors de la fabrication.
3 - Acheter les matières premières
Pour faciliter l'achat des matières premières, voici une selection de sites qui vous permettront de commander tout ce dont vous allez avoir besoin :
clone-ind.com - Kit DIY pour la fabrication et fournisseur d'une grande partie du matériel
Junksupply.com - Site US - fournisseur d'une grande partie du matériel
Skibaumarkt.de - Site Allemand - fournisseur d'une grande partie du matériel
Blankslateskis.com - Site US - fournisseur d'une grande partie du matériel
Boardbuildingsupply.eu - attention peu fiable - fournisseur d'une grande partie du matériel
Si le sujet de l'impact écologique de la fabrication et de l'utilisation des skis vous intéresse, je vous conseille de lire l'enquête de Mountainwildness.ch.
L'enquête est traduite en 3 langues et un pdf est disponible pour le partager plus facilement
Montagnes Magazine a aussi écrit un article sur le sujet de l'écologie, avec comme marqueur de différencier la pratique de l'alpin du ski de randonnée !